Portage de repas et dénutrition chez les personnes âgées : quels signes doivent alerter ?

Portage de repas et dénutrition chez les personnes âgées : quels signes doivent alerter ?

Avec l’âge, l’appétit peut diminuer et la préparation des repas devenir plus difficile. Une personne peut progressivement manger moins, réduire la variété de son alimentation ou sauter certains repas sans que son entourage ne s’en aperçoive immédiatement.

Ces changements ne signifient pas automatiquement qu’une personne est dénutrie. Ils doivent néanmoins être pris au sérieux, particulièrement lorsqu’ils s’accompagnent d’une perte de poids, d’une fatigue inhabituelle ou d’une diminution de la force.

Le portage de repas à domicile peut faciliter l’accès à des repas réguliers et variés. Cependant, il ne permet pas à lui seul de diagnostiquer ni de traiter une dénutrition.

Quels signes peuvent alerter les proches ? Quand faut-il consulter et quelle place le portage de repas peut-il occuper dans l’organisation quotidienne ?

Qu’est-ce que la dénutrition chez une personne âgée ?

La dénutrition correspond à un déséquilibre entre les besoins de l’organisme et les apports alimentaires réellement disponibles. Ce déséquilibre peut notamment être lié à une alimentation insuffisante, à une maladie ou à des difficultés d’absorption.

Elle peut entraîner une diminution de la masse musculaire, une perte de force et une fragilisation progressive de l’état général.

Contrairement à une idée reçue, une personne dénutrie n’est pas nécessairement très maigre. Une personne en surpoids ou en situation d’obésité peut également être concernée, notamment lorsqu’elle perd du poids rapidement ou mange beaucoup moins qu’auparavant.

Chez les personnes âgées de 70 ans et plus, le diagnostic médical repose sur l’association de plusieurs critères. La Haute Autorité de santé cite notamment parmi les critères à prendre en compte :

  • une perte de poids importante ;
  • un indice de masse corporelle inférieur à certains seuils ;
  • une diminution confirmée de la masse et de la force musculaires ;
  • une réduction notable des apports alimentaires ;
  • une maladie aiguë ou chronique ;
  • des difficultés d’absorption des nutriments.

 

Ces éléments doivent être évalués par un professionnel de santé. Un seul signe observé à domicile ne suffit pas à poser un diagnostic.

Le repérage précoce permet toutefois d’engager plus rapidement un échange avec le médecin traitant.

Source médicale : Haute Autorité de santé — Diagnostic de la dénutrition chez la personne de 70 ans et plus.

Une diminution durable de l’appétit ou des quantités consommées

La baisse de l’appétit est l’un des premiers changements pouvant attirer l’attention.

Une personne peut naturellement avoir moins faim à l’occasion d’une journée fatigante. La situation devient plus préoccupante lorsque cette diminution se prolonge ou modifie fortement ses habitudes.

Plusieurs signes peuvent être observés :

  • des assiettes régulièrement laissées presque intactes ;
  • des portions de plus en plus petites ;
  • un seul véritable repas consommé dans la journée ;
  • des déjeuners ou des dîners fréquemment sautés ;
  • la disparition progressive de certains aliments ;
  • un réfrigérateur qui reste presque vide ;
  • des repas livrés qui s’accumulent sans être consommés ;
  • un manque d’envie de passer à table ;
  • des phrases répétées comme « je n’ai pas faim » ou « cela me suffit ».

 

La personne peut également manger uniquement les aliments les plus simples à ouvrir ou à préparer. Son alimentation peut alors devenir moins variée, même si elle continue à prendre quelque chose à chaque repas.

La Haute Autorité de santé considère notamment qu’une forte réduction de la prise alimentaire pendant plus d’une semaine, ou toute diminution prolongée pendant plus de deux semaines, peut faire partie des critères examinés par les professionnels de santé.

Il n’est pas nécessaire d’attendre que la situation devienne très marquée pour en parler au médecin.

Observer l’évolution de l’appétit et des quantités consommées est aussi important que surveiller le poids.

Une perte de poids ou une diminution de la force

La perte de poids involontaire constitue un signal particulièrement important.

Elle n’est pas toujours immédiatement visible. Certains changements du quotidien peuvent néanmoins attirer l’attention :

  • les vêtements deviennent plus amples ;
  • la ceinture doit être resserrée ;
  • une bague devient trop grande ;
  • le visage ou les bras semblent s’affiner ;
  • le poids diminue entre deux consultations ;
  • la personne signale qu’elle a maigri sans l’avoir souhaité.

 

Selon les recommandations de la Haute Autorité de santé, chez une personne de 70 ans ou plus, une perte d’au moins 5 % du poids en un mois ou d’au moins 10 % en six mois fait partie des critères médicaux pouvant contribuer au diagnostic de dénutrition. Ce diagnostic nécessite cependant l’association avec un autre critère et doit être posé par un professionnel.

Par exemple, pour une personne pesant habituellement 70 kg, une perte de 3,5 kg en un mois représente 5 % de son poids. Une telle évolution doit conduire à consulter, même si la personne ne semble pas particulièrement maigre.

La diminution de la force peut également se manifester dans les gestes habituels :

  • se lever d’une chaise devient plus difficile ;
  • porter un sac demande davantage d’efforts ;
  • la marche est moins assurée ;
  • la personne se fatigue plus rapidement ;
  • certaines activités courantes sont progressivement abandonnées.

 

Ces signes peuvent avoir de nombreuses causes. Ils ne permettent pas, à eux seuls, de conclure à une dénutrition, mais ils justifient une évaluation.

Pour suivre l’évolution, il est préférable d’utiliser toujours la même balance, dans des conditions similaires, et de noter les résultats. La HAS recommande une surveillance régulière du poids à domicile chez la personne âgée.

Rechercher les difficultés qui empêchent de bien manger

Une diminution de l’alimentation n’est pas toujours liée à un simple manque d’appétit. Il est important de comprendre ce qui rend les repas plus difficiles.

Plusieurs causes peuvent se cumuler :

  • une fatigue importante ;
  • des difficultés pour faire les courses ;
  • une douleur ou un problème dentaire ;
  • des difficultés pour mâcher ou avaler ;
  • une diminution du goût ou de l’odorat ;
  • des nausées ou des troubles digestifs ;
  • certains traitements ;
  • une maladie récente ou chronique ;
  • une période de tristesse ou d’isolement ;
  • le manque d’envie de cuisiner pour soi seul ;
  • des difficultés pour ouvrir les emballages ;
  • un réfrigérateur ou une cuisine difficiles d’accès.

 

Il est utile d’en parler directement avec la personne, sans lui faire de reproche.

Quelques questions simples peuvent faciliter l’échange :

  • « As-tu encore faim au moment des repas ? »
  • « Est-ce que certains aliments sont devenus difficiles à manger ? »
  • « Est-ce que cuisiner te fatigue davantage ? »
  • « As-tu mal lorsque tu mâches ou lorsque tu avales ? »
  • « Quels plats te feraient davantage envie ? »
  • « Est-ce que les contenants sont faciles à ouvrir ? »

 

Les difficultés de mastication et de déglutition doivent être signalées à un professionnel de santé. Une fausse route répétée, une toux pendant les repas ou une sensation de blocage ne doivent pas être banalisées.

Identifier la cause permet de rechercher une réponse adaptée. Livrer davantage de nourriture ne suffit pas si la personne ne peut pas, ne souhaite pas ou n’arrive pas à la consommer.

Source complémentaire : Assurance Maladie — Dénutrition : la repérer rapidement.

Quelle place pour le portage de repas ?

Lorsque faire les courses ou cuisiner devient difficile, le portage de repas peut supprimer une partie des contraintes quotidiennes.

Il permet notamment de :

  • recevoir des repas directement au domicile ;
  • ne plus avoir à porter des sacs de courses ;
  • réduire le temps passé debout dans la cuisine ;
  • disposer de repas prêts à être conservés et réchauffés ;
  • retrouver une organisation plus régulière ;
  • varier davantage les menus ;
  • choisir une formule correspondant mieux à son appétit.

 

Chez Familles de la Sarthe, des formules composées de 2, 4 ou 6 éléments peuvent être proposées. Certaines adaptations sont également possibles, notamment des repas sans sel, hypocaloriques ou avec une texture mixée.

Les besoins doivent être présentés au service afin de vérifier les solutions réellement disponibles.

Le passage du professionnel apporte également un contact humain régulier. Cette présence peut contribuer à rendre le moment de la livraison plus rassurant et à maintenir un lien avec l’extérieur.

Cependant, le portage de repas ne garantit pas que les plats seront entièrement consommés. Les proches doivent rester attentifs lorsque :

  • les repas s’accumulent dans le réfrigérateur ;
  • plusieurs contenants restent fermés ;
  • les portions sont systématiquement laissées ;
  • la personne rencontre des difficultés pour réchauffer les plats ;
  • elle ne parvient pas à ouvrir les emballages ;
  • son appétit continue à diminuer.

 

Le portage facilite l’organisation des repas, mais il ne remplace ni la surveillance de l’état nutritionnel ni la prise en charge prescrite par un professionnel de santé.

Quand faut-il consulter un professionnel de santé ?

Il est recommandé de contacter le médecin traitant dès qu’une perte de poids involontaire, une diminution durable de l’appétit ou une dégradation de l’état général est observée.

Un avis médical est particulièrement important lorsque :

  • la personne perd du poids rapidement ;
  • elle mange nettement moins depuis plusieurs jours ;
  • elle saute régulièrement des repas ;
  • sa fatigue augmente ;
  • elle perd de la force ;
  • elle rencontre des difficultés pour mâcher ou avaler ;
  • elle tousse ou fait des fausses routes pendant les repas ;
  • une maladie, une opération ou une hospitalisation a récemment eu lieu ;
  • les repas proposés restent fréquemment non consommés ;
  • les proches constatent une évolution inhabituelle de son comportement alimentaire.

 

Le médecin pourra rechercher les causes, évaluer l’état nutritionnel et décider des mesures appropriées. Il pourra, si nécessaire, orienter la personne vers un diététicien ou un autre professionnel.

Le proche peut préparer la consultation en notant :

  • le poids actuel et les poids précédents connus ;
  • la date de début de la perte d’appétit ;
  • les quantités approximativement consommées ;
  • les repas régulièrement sautés ;
  • les difficultés rencontrées ;
  • les traitements en cours ;
  • les changements observés dans la force ou les activités.

 

La surveillance peut associer la personne elle-même, ses proches, les professionnels de santé et les intervenants du secteur médico-social.

Plusieurs petits changements observés en même temps doivent inviter à réagir, même si aucun d’entre eux ne semble spectaculaire isolément.

Le portage de repas peut ensuite s’intégrer dans l’organisation recommandée, en complément du suivi médical et selon les besoins identifiés.

conclusion

La dénutrition peut s’installer progressivement et rester discrète pendant quelque temps. Une diminution durable de l’appétit, des repas moins fréquents, une perte de poids involontaire ou une baisse de la force doivent attirer l’attention.

Ces signes ne permettent pas de poser soi-même un diagnostic. Ils doivent conduire à consulter un médecin afin d’évaluer la situation et d’en rechercher les causes.

Le portage de repas peut contribuer à rendre les repas plus réguliers et à réduire les difficultés liées aux courses ou à la cuisine. Il peut également proposer différentes formules et certaines adaptations, selon les possibilités du service.

Il reste toutefois une solution d’organisation quotidienne, complémentaire au suivi des professionnels de santé.

Vous souhaitez faciliter les repas à domicile pour vous-même ou l’un de vos proches ?

Contactez Familles de la Sarthe afin de vérifier si la commune est desservie, découvrir les formules disponibles et étudier une organisation adaptée. En cas de perte de poids ou de baisse durable de l’appétit, contactez également le médecin traitant.

Et si nous trouvions ensemble la solution adaptée à vos besoins ?

Chaque situation est unique. C’est pourquoi les équipes de Familles de la Sarthe prennent le temps de vous écouter afin de vous orienter vers les services les plus adaptés à votre quotidien.

Aide à domicile, accompagnement des seniors, entretien du logement, soutien aux familles ou services de proximité : nous sommes présents à vos côtés partout en Sarthe.